Recours aux urgences pour usage de substances illicites

  • Anne-Claire Brisacier
Mots-clés: Drogue illicite, Intoxication, Service d’urgence, Surveillance

Résumé

Contexte : l’usage de drogues dans la population française a augmenté durant la décennie 2005-2014. L’objectif de cette étude est de décrire les recours aux urgences en lien avec l’usage de drogues dans une optique de surveillance des conséquences des usages de drogues. Méthode : l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies a exploité les données du réseau OSCOUR ® (Organisation de la surveillance coordonnée des urgences) de 2008 à 2015. Ces données sont les résumés de passage aux urgences issus du dossier médical informatisé du patient constitué lors de son passage aux urgences. Résultats : en 2015, les passages aux urgences en lien avec l’usage de drogues (PULUD), au nombre de 13 161, représentent 1,0 ‰ des recours aux urgences toutes causes confondues. La population concernée est jeune, trentenaire, masculine dans les trois quarts des cas. Entre 2008 et 2015, la part des 25-44 ans a diminué, tandis que la proportion des individus plus jeunes et celle des plus âgés ont augmenté. À l’issue du passage aux urgences, 39 % des individus ont été hospitalisés et 61 % sont retournés à leur domicile. Le cannabis est le produit le plus souvent en cause dans les PULUD en 2015. Il a progressé et a dépassé depuis 2012 les opiacés dont l’implication a diminué. La cocaïne arrive en troisième position. Discussion : la France se distingue des États-Unis, où la cocaïne arrive en tête des substances impliquées dans les PULUD, et de l’Europe, où l’héroïne est en première position. Le nombre de PULUD rapporté à la population est nettement moindre en France qu’aux États-Unis.

Publiée
2019-03-22
Comment citer
Brisacier, A.-C. (2019). Recours aux urgences pour usage de substances illicites. Alcoologie Et Addictologie, 41(1), 14-21. Consulté à l’adresse http://alcoologie-et-addictologie.fr/index.php/aa/article/view/792
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